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Chronique d’une mort annoncée

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La France au bord

Chronique d’une mort annoncée

L’oligarchie est le gouvernement par une minorité qui concentre tous les pouvoirs même au sein d’une démocratie censé être du peuple, pour le peuple et par le peuple.

Ce gouvernement souvent qualifié d’invisible agit dans les coulisses et amplifie sa domination au détriment du droit le plus élémentaire du peuple à la dignité.

Son mot d’ordre : tous capitalistes.

Son ambition : la loi du plus fort ou loi de la jungle.

Sa philosophie : le libéralisme économique et la financiarisation des économies.

Ses résultats : la barbarie au quotidien et la dissolution de la souveraineté populaire.

L’oligarchie est le produit de la transformation du capitalisme en sauvagerie sans foi ni loi entamée il y a 40 ans sous l’impulsion de Margaret Thatcher en Angleterre et Ronald Reagan aux États-unis et en France avec le tournant de la rigueur en 1983 sous l’égide du premier ministre Laurent Fabius.

À la fin des années 70, suite aux deux chocs pétroliers de 1974 et 1979, l’État providence était à bout de souffle. Ce dernier garantissait la protection des citoyens et la redistribution des richesses pour assurer la dignité de chaque citoyen.

Ces chocs pétroliers ont alors engendré une crise économique marquée par la stagnation de la croissance et une inflation galopante qui ont permis la déconnexion entre l’économie réelle et l’économie casino.

En une décennie, ces leaders ont lancer le signal de la destruction lente du modèle social, le désengagement de l’état et la libéralisation des économies.

« That is not alternative » (Margaret Thatcher)

Privatisation des banques, abandon des services publics, mise en concurrence de toutes les entreprises sous l’égide de l’état, etc.

En deux décennies, ce processus maléfique s’est soldée par l’unification de la planète par le libre-échange, la circulation des capitaux, en d’autres termes : la mondialisation.

La loi du marché a remplacer la force de l’état dans la protection du citoyen.

Auparavant, nous étions dans une société salariale régulée par des dirigeants salariés et des fonctionnaires qui privilégiaient la croissance par rapport au bénéfice et la hausse des salaires par rapport au dividende.

Depuis lors, ce n’est plus l’État mais le Cac 40 qui dirige le peuple devenu une société de consommateurs et d’actionnaires régulée par des dirigeants propriétaires qui privilégie le bénéfice et le dividende par rapport au salaire.

Dès lors, plus de limite imposée à l’État dans la protection du citoyen qui subit de plein fouet la précarité et le chômage.

Une petite caste, dès lors, constitue l’oligarchie aux manettes du pouvoir. Le peuple a beau manifester, voter, éructer, rien ne change au pays de la toute finance.

En effet, la financiarisation du capitalisme a confié aux financiers un pouvoir éminent. Ce sont les véritables maîtres de nos pays soumis à la jungle de la mondialisation.

Les nouvelles règles édictées par les grands argentiers sont d’amasser des quantités de fond considérables dont ils attendent une rentabilité maximale remplaçant l’État.

Face à ce délitement de l’État, le peuple s’est autodissous : l’individualisme triomphant, l’argent tout puissant ont eu raison de lui.

L’anomie du citoyen qui n’a plus de syndicat, qui n’a plus de service public pour le protéger, qui est livré à lui-même (individualisme), dont le totem est devenu l’argent et qui n’a que des idoles à la place de Dieu. L’individu devient de plus en plus étranger a lui-même, et voue un culte démesuré à l’argent, source de guerres civiles.

L’homme devient dès lors un loup pour l’homme au coeur d’un capitalisme débridé.

Il a perdu le sens, il a perdu la foi, il a perdu toute forme de repère. Le système peut dès lors être remplacé par la dilution de tout esprit collectif engendrant la montée des populismes et du fascisme de tout ordre.

Il a perdu toute forme de valeurs.

Ce peuple bafoué par cette mondialisation est devenu un fruit mûr pour toute forme de fascisme surtout les extrêmes, religieux, sectaires, et meurtriers (la charia).

Le CETA (en débat le 23 juillet) qui sera prochainement voté à l’Assemblée nationale va engendrer l’apogée du libéralisme économique et donc la fin de toute démocratie devenue un magma virtuel.

L’opposition a l’oligarchie toute-puissante ne peut-être issue que de celle-ci. Si elle se fissure, le peuple retrouvera son salut. Les mois à venir promettent d’être explosifs.

Le peuple a genou doit se relever et s’indigner contre la barbarie de la mondialisation qui lui hôte son âme.

Cordialement,

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