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Les NDE’s – Défense et raisons de la thèse survivaliste

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NDE

Les NDE’s – Défense et raisons de la thèse survivaliste

 

Remerciements

Mes remerciements vont particulierement à T. de Strasbourg, qui se reconnaîtra, pour avoir passé de longues heures à m’expliquer le sujet, à avoir fait preuve de compassion à mon égard, et à avoir eu la patience nécessaire à me supporter. Je ne connaissais rien au sujet, et ce dernier m’a fait bénéficier de son immense savoir sur le sujet durant nos années universitaires. Encore merci T., tu as été un frère, et même si nos parcours de vie, nos jugements respectifs, nous ont séparés, tu restes gravé dans mon cœur à jamais.

Introduction

Devenu véritable champ d’exploration scientifique depuis le Colloque de Cordoue (Espagne, octobre 1979), réunissant des chercheurs de haut niveau (haut degré de rigueur et de réputation), et officialisé en tant que discipline d’investigation scientifique à part entière depuis le Congrès de Martigues (France, 2005). Depuis lors, un nombre assez conséquent de chercheurs s’intéressent à ce sujet et plusieurs études scientifiques et hypothèses de travail ont étés réalisés.

Tout d’abord, quelques mises au point afin de situer le contexte sont nécessaires.

Premièrement, le terme de NDE (‘Near Death Experience’ ou EMI ‘Expérience de mort imminente’) est mal défini, il n’est pas approprié.

La plupart des personnes ayant vécu une NDE ne sont pas dans l’antichambre de la mort. La plupart des NDEs n’ont pas forcément lieu durabt une mort clinique ou suite à un comas prolongé. Ceux-là sont simplement bien médiatisés parce que dans de tels cas, on est en présence de tierces personnes (docteurs, infirmières) qui peuvent confirmer leurs descriptions.

Un alpiniste peut faire une chute libre, et prendre subitement conscience qu’il va mourir à quelques mètres au-dessus du sol, et être amener à vivre une expérience de NDE (cas de témoignage réel dont l’expérience était composée de la phase transcendantale et de la revue de vie).

Les NDE’s ne surviennent pas obligatoirement lorsqu’il y a mort clinique ou encore mort physique réelle.

Deuxièmement, il existe diverses expériences « hors corps ». Parmi lesquelles l’on trouve l’impression de détachement corporel, la dépersonnalisation psychotique, la perception extrasensorielle, les sorties hors du corps (dont les OBEs), les phénomènes d’héautoscopie, la décorporation, et les semi-NDEs et NDEs.

Ces expériences sont toutes différentes et doivent s’étudier dans des contextes différents avec un minimum de précaution.
Il faut être vigilant et veiller à ne pas tout mélanger.

Troisièmement, malheureusement, et par là j’entends bien souvent, on constate que les sceptiques qui critiquent la véracité des témoignages de NDE’s mélangent allègrement OBE’s et NDE’s, par manque de connaissance sur le sujet.

Ce qui est une erreur fondamentale comme nous le verrons dans la suite de l’article.
Il est plus judicieux de considérer qu’une des phases des NDE’s est similaire aux OBE’s.

Expériences et études

Les différentes « sorties hors du corps »

On peux trouver des études psychophysiologiques sur les différentes expériences de sortie « hors du corps » recensés (qu’il s’agisse d’OBE’s, de décorporations, de bilocations, etc.).
Elles ont fait l’objet de publications par Charles T. Tart (Université de Californie), et parmi les chercheurs (sceptiques ou non) qui ont fait des études scientifiques sur le sujet, on peut citer Peter Fenwick, Sam Parnia, Bruce Greyson, Pim van Lommel, Kenneth Ring, Charles T. Tart, K. Osis, J.P. Jourdan, Pim Van Lommel, Kennet Arnete, Olaf Blanke, Susan Blackmore, Raymond Moody, etc.

Les recherches ne manquent pas, et il est préférable avoir lu quelques uns de ces travaux pour parler sérieusement du sujet.

Les OBE’s

Une OBE (‘Out Body Experience’) est une extériorisation de quelque chose, indéfinie.

Caractéristiques des OBE’s :

- l’OBE se produit souvent pendant une période de détente et de relaxation,
- la localisation de son centre de conscience à l’extérieur de son corps,
- l’impression de voir le monde à partir d’une perspective extracorporelle en hauteur,
- l’impression de voir son propre corps depuis cette perspective,
- s’accompagne d’une extension de la conscience et de la mémoire,
- le sens de soi persiste avec amplification,
- le sens des perceptions subsistent avec amplification et affinement,
- l’OBE survient parfois alors qu’il n’y a plus d’activité corticale enregistrée dans les aires associatives du cerveau.

Les NDE’s

Les NDE’s (‘Near Death Experience’) peuvent dans un premier temps (et uniquement dans un premier temps) s’étudier comme des OBE’s. Une NDE est en sorte une OBE + quelque chose (baptisée ‘phase transcendentale’).
Mais il est plus judicieux dans certains cas de les voir à part, à l’aide d’une vue d’ensemble que permet un recensement des divers témoignages et études scientifiques.

Les NDE’s posent différentes problématiques :

- la question du langage de l’esprit.
- la question de l’interaction de l’esprit et de la matière.
- la nature de la conscience.
- la nature des expériences spirituelles.
- la question de l’intelligence spirituelle.
- la question de l’altruisme face à la psychologie évolutionniste.
- la compréhension de l’existence d’une nature spirituelle chez l’homme dans un univers qui nous apparaît sans but et sans conception.
- la question d’une possible évolution téléologiquement orientée.
- l’existence d’une réalité spirituelle.
- la question de la survenue d’une NDE
- la question de l’évanouissement de la conscience individuelle.
- la question de l’évanouissement de la peur.
- le contenu descriptif des NDE’s : certaines expériences sont positives (NDE dite ‘positive’) et d’autres négatives (NDE dite ‘négative’)
- la question d’un paradis et d’un enfer non localisé.
- la description adéquate scientifique face à la thèse survivaliste.
- la question de la nature de la mort.
- la rencontre avec des entités décrits comme « êtres de lumière ».
- le rapport de la religion du sujet et le vécu des NDE’s.
- la question des constantes récurrentes qui apparaissent dans les NDEs.
- la transformation dans la vie sociale suite à ces expériences (forme de « résurrection », forme de « nouvelle naissance »).
- la classification des NDE’s selon l’échelle de Greyson.
- la question de la durée des NDE’s, variable selon les témoins. Celle-ci peut durer le temps de l’intervention sur la table ou quelques secondes quand on est face à la mort. La durée enregistrée par un opérateur extérieur (en l’occurrence souvent les médecins et infirmières qui mesurent le temps d’un arrêt cardiaque et cérébral prolongé) contraste fortement avec la façon dont la personne en état de NDE vit la « durée » de l’expérience.

Approche matérialiste

On possède plusieurs indications portant sur les OBE’s, du moins en ce qui concerne les fréquences cérébrales enregistrées par EEG.

Dans les cas d’OBE’s on peut trouver des indices cérébraux liées à l’état de rêves, certes, mais il s’agit toujours de tracés atypiques qui dénotent le fait que l’état de conscience impliqué n’est ni identique au sommeil classique, ni identique à un simple rêve (études de Charles Tart et les recherches de l’Institut Monroe pour des études plus poussées).

Dans les cas à la fois d’OBE’s et de NDE’s, on possède des indices cérébraux qui dénotent le fait que l’état de conscience impliqué dans l’expérience n’est ni identique au sommeil classique, ni identique à un rêve, ni à une simple hallucination induite.

Parmi les publications d’expériences, citons celles de Karlis Osis, de R. Morris, et de Charles Tart.

Des expériences menées sur un sujet, dénommée « Miss Z », par C. Tart ont montré que cette dernière qui prétendait pouvoir « sortir » de son corps à volonté en « extériorisant » son centre de perception et son « corps non-matériel », parvenait à déclencher son OBE consciemment et volontairement (bien que cela lui demandait des efforts de concentration et elle devait se mettre au préalable dans des états de conscience modifiée).

Son expérience ne pouvait en aucun cas être un épisode onirique survenant en sommeil profond puisque le tracé ne correspondait pas aux tracés habituels oniriques et on dénotait une totale absence de REMS (Rapid Eyes Movements).

Un autre sujet, très similaire, est Alexander Tannous, testé très rigoureusement par Karlis Osis. Karlis Osis a notamment réussi à montrer que ses perceptions visuelles « hors corps » étaient non seulement réelles mais qu’elles correspondaient à une forme de perception sensorielle plus vive. On constate une acuité plus intense, l’apparition de couleurs nouvelles, une conscience accrue, qui se distingue des simples « flashs » par clairvoyance classique.

Certains sceptiques n’hésitent pas à parler de phénomènes culturels et / ou subjectifs. Cependant le terme « culturel » et / ou « subjectif » ne doit pas être pris dans un sens réductionniste péjoratif.

En premier lieu, le système cognitif ne produit pas que quelque chose de subjectif : il intègre le culturel comme il intègre l’expérience objective.

Bien souvent les gens confondent « subjectivité » avec « singularité » ou avec « objectivité interpersonnelle ». Il y a dans ces termes de grandes différences.
De plus, nous savons par la mécanique quantique, qu’a un certain niveau d’organisation, aucun phénomène ne peut exister sous forme totalement objectif, indépendamment de l’état de l’observateur. En conséquence de quoi, par corollaire, tout phénomène subjectif présente un aspect objectif.

En second lieu, de sérieux indices sont en faveur de l’apparition de paramètres quantiques dans le traitement d’informations par le cerveau (travaux et expériences de Michel Troublé, Eccles, Roger Penrose, Stuart Hameroff, Smythies, Lehar, Pribram, Libet, etc.).

Exception faite des pathologies neurologiques, nous avons tous le même fonctionnement cérébral et mental à l’intérieur de notre espèce humaine. Et la façon dont le cerveau perçoit est sensiblement la même.
Chacun d’entre nous verra sensiblement les mêmes illusions d’optique ou entendra sensiblement les mêmes illusions auditives, et lorsque des expériences d’OBE’s ou de NDE’s surviennent, le « câblage neuronal » font intervenir notre cerveau : le système nerveux a évolué de manière à pouvoir susciter les états de conscience que l’on connaît (sans pour autant admettre un finalisme dans cette phrase).

On possède suffisamment de preuves aujourd’hui afin d’affirmer que l’interface ou l’interaction entre les données cérébrales et les représentations mentales se situe au niveau des zones corticales et d’innombrables indications pointent vers le fait qu’on peut établir des corrélations entre certaines facultés mentales et certains circuits cérébraux. Ce qu’il faut étudier, et c’est ce que font les chercheurs, c’est comprendre comment sont encodés ces diverses expériences dans le cerveau.

Aujourd’hui, au vu des résultats obtenus, on peut affirmer qu’il y a une influence du cerveau mais celle-ci semble très minimale d’après les relevés neurophysiologiques effectués et enregistrés durant les NDE’s.

Cette influence s’exprime à des niveaux d’organisation qui ne permettent pas théoriquement la survenue d’un état de lucidité accrue et de perception consciente fine comme le montre les NDE’s.

Pour être plus précis, si le néocortex au niveau des aires sensorielles primaires et secondaires est désactivé, il n’y a selon les présupposés théoriques actuels plus aucune perception possible théoriquement. Pourtant il est constaté lors des NDE’s des prouesses.

Le cas, bien documenté, de Pamela Reynolds le montre clairement : une absence totale d’activité corticale, un électro-encéphalogramme plat, et une absence radicale de potentiels électriques évoqués au niveau du tronc cérébral (formation réticulée activatrice). Son cerveau étant réfrigéré et vidé partiellement de son sang. Autrement dit un cerveau inactif, et pourtant survient sa NDE !

Ce cas précis infirme l’approche matérialiste des NDE’s.

L’objet des études scientifiques et des recherches théoriques est de savoir si les NDEs sont une projection réelle ou fantasmée. Ce qui revient à se demander s’il y a réellement dissociation entre le corps matériel tangible et autre chose qui serait le véritable véhicule de la conscience. Si oui, quoi donc ? corps second, corps astral, double, âme, autre chose ? et là, je pense qu’il y a deux aspects à considérer : dans certains cas (remote viewing) il y a  clairvoyance par perception extra-sensorielle et dans d’autres cas (OBE’s réelles) il y a extériorisation de quelque chose.

Estimer que toutes les OBE’s et les NDE’s sont des formes de clairvoyance et que l’impression d’être détaché du corps, de le voir de l’extérieur, ainsi que de voir des objets extérieurs à notre champ de vision, et donc estimer que tout cela ne serait qu’une « projection fantasmatique » justifiant la « perception extra-sensorielle » est ridicule, car dans certains cas, comle le remote viewing par exemple, les sujets n’ont pas la sensation corporelle d’être à l’endroit qu’ils perçoivent à distance, tandis que dans les OBE’s, le corps physique est comme déconnecté et la personne ressent une forme d’extension corporelle différente qui se situe désormais à l’extérieur du corps organique qu’elle voit de l’extérieur de façon précise et claire, dans la position et l’attitude réelle qu’il arbore dans la pièce. Et donc ça ne peut pas être non plus une simple hallucination autoscopique, contrairement à ce que O. Blanke et ses collègues affirment.

Quant à l’aspect culturel et les affinités culturelles, elles importent peu dans l’encodage de ces expériences.
Parmi les sujets d’une NDE, on retrouve des agnostiques indifférents, des athées, des matérialistes convaincus. Ceux-ci n’y étaient pas prédisposés ni culturellement ni affectivement.

On retrouve également des enfants qui dès l’âge de trois ans disent se souvenir d’épisodes d’une vie antérieure (études du docteur Stevenson qui a évaluer la plausibilité des explications psychologiques classiques).

D’après ses recherches, il semblerait qu’il n’y ai pas d’âge limite dans les deux sens : aussi bien des personnes âgées ont des NDE’s, que de très jeunes enfants ont des NDE’s, et le plus intéressant c’est qu’ils voient la même chose que les adultes mais le décrivent avec des mots d’enfants, sans aucune référence religieuse.

Les études de Melvin Morse, pédiatre et pédopsychiatre, vont dans le même sens (Closer to the Light de Melvin Morse, avec Paul Pery et Raymond A. Moody).

La Lumière

Dans de nombreux témoignages, on trouve au moins une ou plusieurs « présences » autour de la « Lumière ».
Ces présences semblent « lire » dans l’esprit de la personne qui voit alors « défiler sa vie » jusqu’au moment de sa mort, soit dans un ordre chronologique, soit dans un ordre inverse. Ce phénomène est baptisé « revue de vie ».

Le plus souvent ces « présences » ne se décrivent pas comme des « anges », mais parfois certaines personnes dont le fond culturel est judéo-chrétien vont parler d’anges, d’autres dont le fond culturel est new-age vont parler de messagers de lumière, d’autres dont le fond culturel est ufologique-SF parleront d’extraterrestres « avec un corps fait de lumière diffuse », les animistes parleront de génies, etc.

Il me semble important de comprendre que ce sont les personnes elles-mêmes qui, en fonction de leur culture, les appellent comme ceci ou comme cela parce que c’est une catégorie spirituelle pratique et familière, mais ils ont tous vu les mêmes « présences ».
A mon avis, c’est simplement l’interprétation à posteriori qui varie, l’esprit se modèle à la pensée. Par contre, ce qui me semble bien plus pertinent lorsque les personnes parlent de ces « présences » ou « êtres de lumière » est que le psychisme de ces « êtres » semble être plus développé que celui des « humains ».

Tous les témoignages convergent en cela.

Le tunnel

Réfutation des critiques :

Les allusions réductrices et / ou comparatives à l’hypnose régressive, aux abductions extraterrestres, aux paralysies du sommeil, à des phénomènes psychologiques, à des hallucinations induites, etc., n’ont rien avoir avec les NDE’s. Ces dernières n’expliquent en rien les caractéristiques observées lors des OBE’s et NDE’s.

Elles sont maintes fois réfutées, ce même par des sceptiques qui reconnaissent leur méprise.

Le recours à l’hypnose régressive est pertinent dans d’autres contextes mais elle n’a rien avoir avec ce que rapportent les sujets de ces NDE’s.

Comme on ne peut pas comparer ce qui n’est pas comparable, il faut faire attention à ne pas tout mélanger hâtivement.

Dans ces régressions, il suffit de faire une enquête historique pour se rendre compte que ce qui est raconté est souvent une construction de l’esprit. Bien souvent des faux souvenirs. Tandis que de telles investigations suite à certaines NDE’s renforcent le témoignage des NDE’s. C’est l’effet inverse. A titre d’exemple, citons la chaussure de Pamela Reynolds.

L’allusion aux abductions ne tient pas la route non plus. Kenneth Ring est connu pour ces études qui ont montré que des personnes aveugles de naissance pouvaient voir au cours d’une NDE. Il a aussi évoqué une analogie entre les témoignages de NDE’s et les RR4 qui de mon point de vue ne tient pas. Pour fonder une telle analogie, il faudrait que le parallèle soit bien fondé, une phénoménologie des deux types d’expériences ainsi que leur « ambiance psychologique » doit être mise en évidence.
Celle-ci  montrerait qu’elles sont clairement distinctes.

Les NDE’s surviennent sans signes avant-coureur et dépendent des états de stress physiologique et psychologique intérieurs à la personne, et non pas de l’intervention de facteurs externes observables comme dans les cas de (prétendus) enlèvements extraterrestres (avec perturbation électromagnétique, apparition d’un engin, paralysie avec état de conscience vigile, apparition d’entités d’apparence biologique, séance d’examen « médical » ou de torture, environnement technologique, etc.).

Plus généralement, nullement ce genre de recours comparatifs voire réductionnistes n’est capable d’expliquer les caractéristiques principales surgissant dans les NDE’s ou OBE’s. Comment de telles associations peuvent-elles rendre compte de la survenue d’une OBE alors même qu’il n’y a plus d’activité électrique dans le cerveau, que le cerveau est réfrigéré et partiellement vidé de son sang ? Comment de telles hypothèses peuvent-elles rendre compte du fait que ces personnes perçoivent des détails véridiques (car vérifiés par des investigations) de leur environnement alors même qu’ils sont anesthésiés, les yeux fermés et sanglés sur une table ?

Paméla Reynolds

Thèse physicaliste et survivaliste et modèles neurologiques :

Bien sûr, on trouvera toujours des sceptiques (parmi les plus célèbres Metzinger ou Blanke) qui s’opposeront à ce type de modèles, estimant que les OBE’s sont une hallucination somato-sensorielle de type proprioceptif impliquant le gyrus angulaire ou alors un phénomène complexe d’autoscopie comme celui mis en évidence autrefois par Penfield au niveau neurologique.

En bref, pour eux les OBE’s seraient de pures hallucinations internes cérébralement induites. Mais leurs arguments ne sont pas en mesure d’expliquer les caractéristiques essentielles des NDEs décrites ci-haut. Plus généralement, les sceptiques n’arrivent pas à expliquer les effets de reflets de symétries du « double ».

Il faut cependant reconnaître que l’hypothèse de Blanke explique très bien les déphasages entre le ressenti du positionnement du corps et le fait de se sentir exister corporellement. Mais dans le cas où il s’agirait de « corps fantômes » cette hypothèse n’explique pas la perception nette et claire qu’ont les sujets, ni le déplacement des sujets parfois instantané d’un endroit à un autre, ni encore les perceptions d’objets dont ils n’avaient aucune connaissance (ni consciente, ni inconsciente), ni encore l’expansion panoramique à 360° complémenté d’une élasticité projective comme dans les Mindsight.

Au vu des diverses études réalisées, ce que les sceptiques ou chercheurs matérialistes ne disent pas c’est que leur modèle n’explique pas grand chose, et même qu’il est défaillant.

En réalité, il ne fait aucun doute que les expériences de NDE’s sont un support solide aux arguments survivalistes.

Le modèle physicaliste de J.P. Jourdan est un modèle spatial dual qui prévoit les modifications du champ somatique et visuel durant les NDE’s. Il rend compte des perceptions amplifiées et transformés durant une NDE !

Si, par ailleurs, certains souhaitent en savoir davantage, je conseille la lecture des travaux de Jean Pierre Jourdan.

Selon les matérialistes, l’impression d’avancer dans un tunnel pourrait provenir d’un changement de focalisation de la vue et d’un rétrécissement du champ de vision, mais cela ne colle pas vraiment, et d’autres modèles physicaliste comme celui de Kennet Arnete peut résoudre cette question par une impression perceptive liée à une contraction d’échelle.

Que se passe-t-il ensuite ? En quoi cela nous concerne-t-il ?

Suite à une NDE prolongée, de type transcendantale selon les critères du docteur Greyson, impliquant l’examen de conscience ou revue de vie (une constante récurrente des témoignages), les suivis psycho-sociologiques ont montré que les personnes reviennent avec la conviction que ni la position sociale, ni la richesse, ni la gloire ou la célébrité ne représentent le but véritable de la vie et que cela ne représente pas le véritable enjeu de l’existence « ici bas ».
Ils sont tous complètement transformés, ils changent totalement leur façon de voir. On constate un changement radical, durable et solide de leur façon de voir le monde.

Cependant, et c’est l’inconvénient, ils éprouvent des souffrances lorsqu’ils voient qu’ils ne sont pas compris par leurs proches ou leurs amis, mais cela ne leur fait pas changer d’avis pour autant.

L’expérience de NDE entraîne irréversiblement des transformations profondes et durables en termes de croyances et de valeurs.

L’expression suivante résume assez bien ce que vivent les sujets : « la personne se sent complètement ébranlée dans ses fondations ».

Leur vie entière est changée à leur « retour ».

Ces personnes sont depuis ce jour plus « compatissantes », plus « aimantes » et « altruistes ».

Tout a basculé ce jour-là pour eux.

Pour reprendre une expression tirée du milieu de la spiritualité « ils ont arrêtés ce jour-là de se raconter des histoires. Ils ont arrêtés ce jour-là de s’inventer des histoires ».

Ce qui est intéressant et, malheureusement, très peu soulevé, malgré le fait que cela constitue un trait récurrent des NDEs est qu’ils intériorisent des valeurs spirituelles car ils ne les voient plus comme de simples spéculations mais comme des faits vérifiés.

Certains dans leur changement radical, emploieront un vocabulaire qui sans le savoir est commun aux retraites spirituelles.
Des termes comme « compassion de Dieu » (on retrouve aussi les expressions « amour pur », « amour parfait ») sont souvent caractéristique de cette rencontre mystique avec la Lumière ou avec l’« être de lumière ». On peut aussi rencontrer également des discours sur « l’enfer », outre les accordements culturels, un aspect peu soulevé et particulièrement intéressant, est qu’on a dénoté que lors de la séquence de la « revue de vie » il semble très dommageable pour soi-même de faire du mal à autrui, physiquement ou psychologiquement, car toute douleur infligée à l’autre est alors ressentie contre soi-même.

Ainsi, il est ressenti une profonde unité.

Les différents témoignages parlent tous d’une « source de Lumière » / « rayonnement de la Lumière », immense qui est « éclatante mais ne fait pas mal aux yeux » et qui est rempli d’un « amour parfait », c’est à dire totalement pur et désintéressé.

A tel point que, lorsque les personnes ayant vécu une NDE prolongée se retrouvent devant cette Lumière, elles disent que, par contraste, leurs ténèbres intérieures, leur obscurité individuelle leur apparaissent « plus clairement que sur Terre » et la communication avec cette Lumière (qui manifestement « est un Être » « conscient et intelligent », ressenti comme la « source de tout » dans l’Univers entier) ne se fait pas par des mots vocalisés mais par une sorte de télépathie intuitive immédiate.

Conclusion

Pour terminer, ce qui est clairement le plus déstabilisant, à mon avis, c’est que les OBE’s et les  NDE’s montrent, chacune à leur façon, que notre conception actuelle du « rôle » exact et du fonctionnement du cerveau est à remettre en cause.

Les interprétations en termes d’hallucinations induites neurologiquement, les arguments en terme d’hypoxie neuronale ou d’activité sous-corticale résiduelle avec des faisceaux de liaison, etc. sont remis en cause par les NDE’s.

Je ne dit pas que le cerveau n’a aucun rôle ce qui est évidemment faux. Je pense qu’il à un rôle, et qu’il reste à correctement définir, mais ce rôle est mineur. En effet, au vu des relevés physiologiques, il faut expliciter la survenue d’un état de lucidité accrue et de perception consciente fine et claire.

Si le cortex, notamment le néo-cortex au niveau des aires sensorielles primaires et secondaires, est désactivé, il n’y a théoriquement plus aucune perception possible théoriquement, selon les présupposés théoriques actuels, du moins.

Par contre, en ce qui concerne certaines OBE’s, il est possible que le cervelet puisse manifester une activité qu’il reste encore à définir. Le cervelet et le tronc cérébral n’entrent pas directement en compte dans l’élaboration des impressions sensorielles et de leur devenir conscient, puisque qu’ils concernent surtout des fonctions de régulation motrice, d’équilibrage donc les coordinations des mouvements. Cependant certaines personnes ayant vécu plusieurs OBE’s affirment qu’il y a plusieurs degrés de « détachement » par rapport au « lien » avec le corps et le cerveau, et dans les degrés les plus légers ou superficiels de détachement, ce que le vecteur désincarné de la conscience fait à l’« extérieur du corps », d’un point de vue spatial et cinétique, se répercute comme un écho dans le corps physiologique et le cerveau.

Des études plus poussées sont à poursuivre et à suivre avec vigilance.

Cordialement,

(Article écrit et publié en août 2011, et remis en forme en juin 2019)

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