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Pour une décroissance verte ?

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Le français

Pour une décroissance verte ?

Réflexion : Phénomène de société

En France, on estime que les gens qui achètent bio ont la réputation d’avoir un pouvoir d’achat supérieur. Ce qui se discute.

Peut-on réclamer faire de l’écologie tout en augmentant le pouvoir d’achat des français ? Est-ce compatible ? Lutter contre la destruction de la nature oblige-t’il le recul de la société de consommation ?

L’exemple du marché bio illustre le problème.

Depuis le club de Rome datant de 1972, le rapport Halte à la croissance en vue de protéger la planète, on constate un paradoxe frappant. En effet, la prise de conscience des dérèglements climatiques incite le consommateur à se tourner vers des produits Bio qui, plus coûteux, est censé relancer la croissance économique.

Dès lors entre la protection de la nature et la croissance, c’est je t’aime moi non plus.

A la suite de la deuxième guerre mondiale, les pays occidentaux ruinés par les ravages du conflit ont connu une croissance économique exceptionnelle nommée les 30 glorieuses. De 1945 jusqu’au premier choc pétrolier de 1974, la croissance était exponentielle : relance de l’économie par l’investissement et par la consommation. Il fallait reconstruire : relance par l’investissement, il fallait acheter : relance par la consommation. On parlait alors de cercle vertueux de la croissance économique.

A partir de 1974, la crise économique se profile renforcée par le deuxième choc pétrolier de 1979, la croissance ralentie sans pour autant s’effondrer. Un tournant de la rigueur économique, s’installe en raison d’un constat économique sans appel : la stagflation.
Parallèlement, la croissance chez les pays du tiers-monde explose en premier lieu la Chine, suivi de l’Inde.

La prise de conscience de l’impact nocif de la croissance économique a tout va se profile dans les pays occidentaux. Dès lors, il faut moins consommer afin de mieux protéger la planète dont les ressources s’épuisent.

A l’aube du 21ème siècle, les occidentaux changent leur manière de consommer. Et se lancent vers des produits issus de l’agriculture biologique.

On nous a expliqué que le passage au bio aurait du dynamiser et booster l’économie, or ce n’est pas le cas. Un leurre politique, une stratégie economique, un marché de niche de court terme qui servait à gagner du temps.

En fait, à la base l’idée part d’un bon sentiment, les Français veulent lutter contre la pollution en achetant du bio, même si c’est plus cher, et en supprimant les produits low-cost. Mais à côté de ça, ces mêmes français n’ont pas suffisamment de pouvoir d’achat. Et comme les salaires n’augmentent pas, ils ne peuvent compenser. En effet, la politique de rigueur a accentué les inégalités sociales : prolifération des produits law-costs (pour les plus pauvres) et prolifération de produits bio (pour les plus riches).

Le problème est simple.

De plus, on peut se demander si l’agriculture biologique est réellement plus saine pour la santé et plus écologique. La plupart des légumes et fruits bio vendues en supermarché viennent d’autres pays et sont emballés dans des plastiques ce qui ne réduit certainement pas la pollution. Et si c’est vendu plus cher c’est parce que les grandes enseignes prennent des marges sur les produits bio.

Alors là question que je pose est, tôt ou tard, faudra-t’il passer par une décroissance économique pour survivre ?

Cordialement,

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